Salle de consommation à Liège : un bilan très satisfaisant

Le 5 septembre dernier, la salle de consommation à moindre risque (SCMR) « Saf Ti » a ouvert ses portes dans la ville de Liège. Une première en Belgique, alors que dans de nombreux pays voisins, ce dispositif est monnaie courante. Retour sur ces deux mois d’ouverture avec le coordinateur du projet, Dominique Delhauteur.

Le jour de l’ouverture, la nouvelle SCMR a comptabilisé dix personnes en seulement une après-midi. Ce chiffre n’a pas cessé de croître les jours suivants. Le contact avec les consommateurs s’est fait grâce à l’aide de plusieurs comptoirs d’échanges liégeois dont Start-Mass. Lors de la distribution du matériel stérile, des étiquettes y étaient glissées avec un descriptif de cette nouvelle SCMR.

Des chiffres prometteurs

Le mois de septembre a comptabilisé pas moins de 520 passages. Le chiffre augmente considérablement en octobre avec 1085 passages et une moyenne de 35 usagers par jour. À ce jour, 183 toxicomanes sont inscrits à ce dispositif. Ces chiffres sont très prometteurs quand on sait que le nombre de consommateur répertorié est de 300 à Liège.

Dominique Delhauteur dévoile qu’il existe, pour certains usagers, deux obstacles à leur venue en SCMR. La première est l’interdiction de fumer du tabac dans le lieu dit. Celle-ci ne peut pas être supprimée puisque la loi interdit de fumer dans un espace public. Le coordinateur déclare « on ne va pas tendre un deuxième bâton pour se faire taper sur les doigts ». Le second obstacle est l’impression d’être épié par les professionnels présents. Deux décisions ont donc été appliquées : limiter le personnel présent dans les lieux de consommation et occulter certaines pièces pour plus « d’intimité ».

Réaction des riverains

Pour prévenir les riverains de l’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque près de chez eux, la fondation Tadam a réalisé une campagne informative auprès des habitants en faisant du porte-à-porte, en envoyant un courrier et en postant une annonce dans le journal communal. Les riverains ont ensuite été réunis avec le bourgmestre pour discuter de cette ouverture. Leur réaction ? La majorité a accepté avec joie ce nouveau projet. Pour garantir la sécurité du quartier, « Saf Ti » et la police collaborent ensemble. Trois éléments ne sont pas tolérés dans le périmètre : acte de deal, de consommation et de rassemblement.

Malgré l’illégalité aux yeux de la loi, la ville de Liège a décidé de soutenir ce projet. A-t-elle eu raison ? Pourquoi pas. Étant donné le constat de ces deux mois d’ouverture, la salle de consommation « Saf Ti » remplit, petit à petit, son objectif de réduire les nuisances de consommation, les risques d’overdose et d’infection pour les consommateurs. Un exemple à suivre ?